• Accueil
  • > Recherche : retour chariot

Résultats de votre recherche

PARCOURS

Posté par Pierre Vaissiere le 17 juillet 2009

Parcours, ça vient de parcourir, ou le contraire.

Qu’entend-on parcourir, par parcourir et par courir ? Au berceau de mon humanité, alors que Dieu croyait encore en moi, je pensais courir le monde, chaîne d’arpenteur en main, pour le mesurer. Je voulais m’y mesurer. Tâche bien ambitieuse et vouée à l’échec. Quelques mois plus tard, et pour la seule raison de vouloir me dégourdir les jambes, je me suis mis en tête de vouloir explorer l’univers. Pas seulement le mien qui se résumait à une aire de quelques mètres carrés (ronde et grillagée de fils de cotons pas faciles à saccager avec mes petits doigts gourds et boudinés de bébé), mais l’univers tout entier. Ma première frontière finalement franchie, et après inspection des lieux, j’eus la douloureuse surprise de me rendre compte qu’une deuxième frontière se dressait toujours derrière la première, que la deuxième en précédait une troisième, et ainsi de suite, à l’infini. Bref, Quelqu’un avait versé au sol un énorme pot de colle néoprène.

Très beaucoup bien plus tard, alors que je m’étais habitué à un engluage finalement pas si inconfortable qu’il n’y paraît (Aux « Alors, ça colle ? » des salutations, je répondais invariablement « Ça colle super, et toi ? »), ç’avait été la libération. Un cordonnier, ami de lui-même et par conséquent des autres, donc de moi, avait lâché le morceau : SOLVANT. Révélation certes sibylline, mais dont je sus tirer parti après avoir feuilleté le Chasseur Français et être tombé sur un article fort à-propos qui avait eu la chance d’échapper à la main impatiente et rageuse du dernier diarrhéique à avoir utilisé les vécés.

C’est ainsi que, mes sandales enfin libérées de leurs gluantes entraves, je pus courir le monde. Depuis je n’ai cessé de le parcourir, prospectant tous azimuts pour tenter de glaner de quoi vivre. Certains nomment cela « glander », ce qui n’est pas surprenant lorsqu’on sait que l’homme et le cochon ne sont pas plus différents que ne le sont blanc bonnet et bonnet blanc.

Mon parcours est un parcours simple et bête comme chou, sans doute pas plus hétéroclite, composite, hétérogène, et disparate que n’est celui de l’humanité. Instable ? Ben tiens ! Laissons la stabilité à l’inanimé.

Enfant j’étais poète et rêveur. Aujourd’hui aussi. Avec l’ajout de quelques cordes à mon arc. Penser tout de même à ne pas oublier de fabriquer les flèches.

J’ai pris de l’âge, mais à mes yeux d’enfant je ne suis pas vieux. A mes yeux de vieux, je le suis. Et n’en ai cure. J’ai l’âge du monde, je veux dire du mien, mais n’en ai pas toute sa mémoire, et pourtant…

 

La première fois où je me suis vraiment mis à courir le monde, c’était sabre au clair. Dans les rues usées d’une ville usée dépassée par son passé bourbon révolu. Deux glaçons, merci, ça ira. Le sabre, plutôt un fleuret. Sept ans, mon deuxième cours d’escrime. Dans les rues on s’était couru après avec les autres enfants, on avait engagé le combat. Quel bonheur ! Attaque ou esquive, t’enlève le ou, tu mets un et, sinon tu meurs.
Trois ans passés à faire de l’escrime, le reste à s’escrimer, jusqu’à il n’y a pas si longtemps.
On s’escrime à courir.

J’adorais mes maîtresses d’école, le peu que j’ai eues. Je crois bien qu’elles m’aimaient assez pour que je le croie.
J’ai toujours aimé mes maîtresses et je crois bien qu’elles m’aimaient. Je suis sûr qu’elles m’ont aimé. A un moment donné, donc gratuit, comme le temps qui se déroule.
Puis ce qu’on appelle la vie : éducation, école,  amitié et amour avec plus ou moins de s, mariage puis union, enfants, d’abord au pluriel puis au singulier, le côté pile de la vie, quoi ! avec ses désunions ou ruptures. Des retours-chariot qui font gling et déglinguent. Et avec les réparations –faut voir c’que ça coûte–, il va en falloir des sous !

Après il y a eu le glandouillage. Ce temps passé à glaner glander pour la gagner, cette vie. Gagner sa vie ! Parfois le même enfer que pour gagner son paradis, avec toutefois plus de chances d’y parvenir. Mais que gagne-t-on à gagner sa vie puisqu’on finit par la perdre ? La vie elle-même n’est pas l’enfer, pas plus qu’elle n’est le paradis, mais rien n’empêche de rêver, ni de cauchemarder. J’ai choisi les plages de sable tiède, les forêts d’arbres tendus vers là-haut, les rivières où on peut laisser pisser les yeux lorsque c’est un petit peu dur et où on se laisse aller à jouer le bois flotté lorsqu’on se sent léger ou… vide.

J’aime les autres, pas tous, car encore faut-il qu’ils soient aimables. Je ne parle pas de mérite.
Je les aime d’autant plus que j’en vis, comme ils vivent de moi. Le vieux que je deviens depuis ma mise au monde n’a jamais su être envieux. Ce qui, peut-être, explique cette faculté à papillonner sur les glands.

J’ai eu le cuir à fleur de peau, ce qui m’a amené à décimer quelques troupeaux de bovins. La peau des hommes est trop lâche pour y découper de solides renes, et machin sait qu’il en faut des costaudes pour conduire le char à boeufs dans lequel nous voguons de tas de fumier en sources claires. Parce que la lucidité manque de limpidité nous pensons avancer alors que nous sommes embourbés. J’aurais fait moins de dégât dans le bétail si j’avais plutôt oeuvré avec des peaux de sauc’.

 

Parcours d’un coureur au souffle court 

J’ai trop couru tout au long du parcours qui m’a mené de là où j’en étais à là où j’en suis, et je suis essoufflé. C’est ma foi vrai que j’ai toujours eu le souffle court, mais à prendre mes jambes à mon cou, je pensais l’allonger. Erreur. Je n’ai fait que me fabriquer des crampes responsables d’entorses et autres vacheries de parcours qui m’en ont fait voir de toutes les couleurs, surtout du bleu. J’en suis couvert.
J’ai tout fait pour cesser d’étouffer au moindre effort. J’avais mis ce handicap sur le compte de ma cage thoracique insuffisamment développée (suite à une maladie d’amours infantiles, mon coeur avait pris tant de place qu’il n’avait laissé qu’une portion congrue aux poumons) jusqu’au jour où, alors que j’avais voulu shooter dans un ballon que des gamins avaient envoyé valdinguer dans mes pattes, au risque de me faire tomber, il m’avait été impossible de donner le moindre coup de pied dedans : mes jambes étaient trop courtes pour pouvoir l’atteindre.

Honte. Prisonnier du stade où j’étais alors, les jeux de ballon de rues ayant été interdits après la dernière élection de je ne sais quel élu, le besoin irrépresseible de fuir stade, avanie et infâmie m’avaient donné des ailes. En pensée seulement, hélas ! comme je m’en rendis compte lorsque je me mis à vouloir franchir le grillage afin de m’affranchir. Echec.

Coincé derrière ce qui ressemblait à une cage de tir où je me sentais plus vulnérable qu’un pigeon d’argile, je mis à profit mes longues heures d’incarcération pour m’endurcir, corps et âme. La municipalité faisant bien les choses quant à l’entretien des pelouses et des latrines, je pus me nourrir et m’abreuver en regrettant cependant le manque de variété dans l’ordinaire qui me fournit une raison supplémentaire pour m’évader.
Vint enfin le moment où, solide sur mes jambes que des exercices d’étirement avaient fini par allonger, je décidai de mon élargissement. Décision prise alors qu’accroché par les pieds à la barre latérale de la cage, l’ombre portée de mon corps venait d’atteindre la graduation supérieure de l’échelle de mesure que j’avais tracée à la craie sur la pelouse pelée. Cette séance d’entraînement, que j’ignorais en cet instant devoir être la dernière, m’avait fait gagner les tout derniers millimètres de longueur de jambe qui, d’après mes calculs, me permettraient de m’échapper. Pou rmettre toutes les chances de mon côté, une parfaite aisance et un poids réduit me semblant indispensables, je me dénudai et, sans plus attendre, m’attelai à franchir le grillage, ce que je réussis, me promettant dès que j’aurai papier et crayon sous la main de m’établir un diplôme d’évasion.

 

Je n’aurais jamais dû me retourner.
Qu’on soit d’un côté ou de l’autre du grillage, il est toujours là.

 

 

 

 

 

 

 reprointerditeunblog.bmp

Publié dans | Pas de Commentaires »

ECRITS & LIVRES

Posté par Pierre Vaissiere le 17 juillet 2009

 Ecrit froissé                                      

Un écrit jeté rageusement à la corbeille, récupéré, défroissé, rejeté à la corbeille… sans cesse.

 Ecrit a lire

Lire ce même écrit, sans se hâter

 

Voir aussi (et surtout) les blogs
Écrits pas regardants, un blog de Pierre C.J. Vaissière
Ce que Pierre C.J. Vaissière écrira peut-être
 

 

LETTRES D’AMOUR (à ne pas paraître)

Envie d’écrire, pas vraiment, mais appel des mots. Pas vraiment. Appel du clavier, le crayon exige recopie, c’est pas de la technologie de pointe quoiqu’on en pense on a beau le taillecrayonner.Clavier, machine, mots à cent sous, doigts agiles pour oublier ce qu’ils valent. La valeur des maux ? C’est pas tous les jours qu’on tient un Palissy. Frappe au long cours pour un voyage, plutôt une promenade. Jardin des lettres à fleurir, si le temps le permet, mais on ne sait jamais, quand on ne se sait pas. Eclosion, mots, phrases, mots ronds, carrés, tordus, pointus, acides amers avec ou sans virgule plus de frontière liberté et avec ça je vous mettrai bien un ou deux points non merci ni majuscule ni pontuation ni pas de faute garder juste les retours chariot quand essoufflement soufflet camouflet de la fatigue qui guette à demi-mot un tiret pas bien pas bien ça casse le désert ça l’habite ça le rend bruyant plus rien n’y brille apostrophe mal pas bien c est comme petit tu vois petit je veux dire quand on est petit et que ça discutaille papa maman avant que ça finisse en disputaille maman papa et tout le monde qui sang mêle pêle mêle et qu on se bouche les oreilles mais que ça sert à rien parceque papa crie haut avec sa voix basse pendant que son épouse parce qui l lui avait mis une bague au doigt pas mise à l index hélas piaille hélas se désole hélas crie de plus belle hélas qu elle va retourner chez sa mère hélas pour elle ou tant mieux l essentiel est quelle parte hélas elle est jamais partie toujours restée si ça se trouve parce quelle a jamais vu que je me bouchais les oreilles sinon peut être elle aurait parti cétait sa seule répartie jamais jouée toujours perdue davance les soirs d au théâtre ce soir cétait plus drôle même que je me rappelle DE une pièce cétait les portes claquent dommage qui n y ait qu elles qui claquent mais cest une autre histoire que je me souviens pas peut être parce que jai oublié qu on devait dire se rappeler rien tandis qu on dit se souvenir de rien je n y peux rien cest la règle c est comme ça et pas autrement c est comme ça et pas autrement c est comme ça et pas autrement que mon père mes institueurs et trices mes professeurs mes chefs et les chefs des autres, les professeurs des autres, les instituteurs des autres auraient dû s appeler tous ça aurait été plus simple surtout pour moi qui me rappelle jamais les noms des uns des autres à quoi ça sert quand c est les mêmes à un souvenir près les NON je m en souviens on s en souvient comme les paires de claques d ailleurs les non allaient toujours par deux rapport que javais deux parents une claque chacun joue droite joue gauche c est pour ton bien le maître qu est ce qu il était fort les deux à la fois parce qu à lui tout seul cétait une paire de claques complète aller retour pour mon bien et je crois pour son bien à lui surtout les mots les miens c était secret assassin méchant gardés au chaud pour un plat à servir froid vengeur puis toujours la mémoire on oublie plus tard d autres mots aussi dans ma fabrique de mots pour pouvoir me dire que ça c était à moi comme le monde qu ils me dessinaient qui était le monde que je voulais il nest jamais venu mais j y crois encore il n est jamais venu parce que je n y crois pas assez comment croire quand on apprend le mensonge et qu on apprend que le mensonge est la vérité vraie sans trucage c est ce qui ls disaient tout en disant le contraire pour bien faire voir tout le bien qu ils me voulaient
aujourd hui pour trouver la vérité je me sers tout plein de mensonges comme celui d écrire en croyant changer le monde mais le monde il est derrière il est pas devant devant ça nexiste pas ça na jamais existé demain c est ni rond ni carré ni aigre ni rien du tout ni rien demain c est rien que du rien mais s il fallait que ce soit un mot de quelque chose ce serait un mot doubli pas un mot de souvenir un mot casse barreaux demain c est pas encore marqué dans la tête et il ne sera jamais marqué parce qu on ne peut pas retenir quelque chose qui n existe pas cest comme les apostrophes d’avant
demain ne sera jamais marqué parce qu’on ne peut pas retenir ce qui n’existe pas plein danniversaires pour oublier les apostrophes les points les virgules ou me rendre compte qu ils nexistaient pas dans plein dautres anniversaires je comprendrai que les mots n existent pas non plus alors je saurai peut être ce qu être signifie
Mia bella mia bellissima mia maxima tutti silencioza cest bien singulier de n en pas savoir le pluriel de ces mots singuliers singulièrement mal ortaugrafiés juste un mot quelques uns de plus pour vous souhaiter une belle semaine des nuits sans moustique des rêves sans drame et rien que des idées roses à défaut de carottes parce que ça fait du bien au teint. J’en tiens au frais pour vos retours sages et ceux d âges.Je glane des mots à défaut de glaner des glands pour l’hiver au cas où celui-ci jouerait l’essaim de glaces prolongé, vous offrant une part de mes récoltes, celle du soir. Du partage, car c’est lui qui me manque, si je fais abstraction de vous.

Remajusculation Errance à tous les étages, donc à celui de ma plume qui, s’étant fait la malle, est relayée par le clavier.  Je me laisse écrire, écrivant ce qui vient à se dire, c’est à causer laissant courir le flot, quitte à y être entraîné. Peu de risque de noyade

pour l’instant.

il y en a qui ponctuent leurs phrases, moi des fois pas toujours, mais des fois, de tas de choses invraisemblables comme des questions affirmatives avec les drôles de points qui vont avec par un deux ou trois

Je n’aime pas tant me retrouver désatrophié d’apostrophes.

Jy préfère un festin provençal pour nos trente deux sens, à mener-mener ensemble.Accés pour l’instant blocké tant pis dommage mis au block
Alors dites moi les senteurs, dites moi les vagues, la pluie, le vent, dites moi les calanques, nos calanques, la couleur des fleurs…Révolte-face dites moi vos fleurs et leurs noms vos vagues et leurs demeures vos routes et leurs entrelacs et leurs eaux où se mirent vos ravines et vos escarpements dites aussi vos vallées aux fragrances de mai et ces autres aux senteurs d’automne ô si Dites moi lodyssée de ceux là que nous sommes avec leurs doutes joies desespérantes leurs rires sottises qui jalonnent leurres cheminements..

retour creations

 

 

 

reproductioninterdite.jpg 

Publié dans | Pas de Commentaires »

A PROPOS

Posté par Pierre Vaissiere le 16 juillet 2009

Des mots de tous les jours, d’autres non. Certains venus de loin, d’autres pas encore là.Des mots en vrac, des contes, des poèmes ou presque.Puis, aussi une galerie où vous pourrez voir des réalisations, bas-reliefs, sculptures, mobilier, déco et aménagements qui appartiennent au passé, ayant cessé ces activités. Provisoirement peut-être.

 

Pierre Vaissière PIERRE VAISSIERE
Plasticien (Grand Prix des Métiers d’Art) il est connu pour ses créations de mobilier contemporain  quelque peu déjanté et de bas-reliefs. Il est aussi  l’auteur d’écrits « philosophiques » (Simples paroles,paroles de simple ; Voyage en  Ergolide ; Contes inventés d’ici, d’ailleurs, de toujours), de romans (La mémoire en cavale ; Calcination  – à paraître d’une façon ou d’une autre). Parallèlement à ses propres créations, il prête assistance à la publication d’écrits (Mémoires des Quartiers Sud, Albertville, avec le Collectif Quartiers Sud, Martine Coppier et Georges Million [dessins], aux Éditions Alzieu, 1996 ; LaLune en Plein Soleil, de Max Terland ; Journal d’une anorexique, d’Annick Grabit, et la réalisation de livres [maquette, mise en page, correction,  jusqu'à la publication en tirage limité]).
Ancien élève de l’Institut Théracie de Genève (Institut initié par
Clotaire Rapaille
, il a organisé et animé de très nombreux séminaires, ainsi que des formations d’accompagnateurs.
Moins sérieux que grave, c’est un provocateur né que les rides de la maturité ont quelque peu calmé. Plein de considération pour
Frank Farelly
, il compte sur une prochaine vie pour travailler avec ce thérapeute d’une grande humanité et « pas pîqué des hannetons » . Il en profitera pour mettre un bémol au peu de croyances qu’il a quant aux vies antérieures et, tant qu’à faire, postérieures.
Grand ami d’Ibn Shobol (un des derniers grands philosophes aux pieds nus qui passe son temps à nomadiser) pour qui il se prend lorsqu’il s’imagine pérégriner dans le désert, Pierre Vaissière n’est ni sage, ni zen, ni un sage et encore moins un moine bouddhiste. Non : il aime tout simplement s’amuser à « se la jouer » quand ça lui prend.

-

 

« Mes sandales en pur néoprène bio ont fondu depuis longtemps, un jour d’été si fameux que j’en ai oublié la date. Désormais collé au sol j’ai mis au clou le nomade, qu’un temps, j’avais rêvé d’être lorsque je m’appelais IbnShobol. De ci de là, avec ou sans l’autre, me voilà condamné à créer mes propres immensités. Pas toujours avec délectation.
Sur cet esquif que j’ai nommé la Shob, mon âme navigue ou naufrage à vue. Les côtes d’
Elée se sont estompées, mais l’image de Zénon me faisant un signe est restée gravée.
L’univers impermanent qui, un jour, m’engloutira pour jouer le jeu du principe de vie a pour nom PsyShob. »
Bloguer, débloguer ; bloquer, débloquer. De l’huile pour que ça glisse, de la colophane pour que ça râpe et accroche sur les violons de l’âme, comme dirait Léo Ferré qui n’était pas de bois, surtout côté langues. Sa gueule, du bois de fer, les lendemains de fiesta avec ses Copains de la Neuille où le rouquin donnait des couleurs à la mouise. Bloguer pour m’apostropher, éventuellement apostropher, pas pour me faire apostropher, merci. Mais surtout pour laisser courir les mots, laisser s’ouvrir les images, laisser les marges, interlignes, retours chariot et blancs de tout poil (chenu) leur faire des cernes de clarté sans lesquels on ne verrait rien.Les sandales collées empêchent de marcher. Se faire la belle pieds nus ? Tu crois que Mercure a envie de se brûler les ailes ?. Mais nous, nous n’y laisserons qu’un morceau d’écorce de voûte plantaire, ce qui, si nous voulons nous offrir une balade du côté de l’autre –la céleste–, n’est pas plus grave que quelque chose sans aucune importance.-

A propos de quoi ? Des propos que l’on peut tenir ? Et comment les tenir pour qu’ils ne s’échappent pas, car les propos qui s’évadent, font le mur et la sourde oreille si on les rappelle, reconnaissons que c’est monnaie courante. Les pierres qui roulent n’amassent pas mousse, certes, mais qu’en est-il de la monnaie qui roule, dévale les escaliers (ceux qui donnent pile sur la face nord abrupte du rocher où j’aurais très bien pu construire ma demeure) puis débaroulent en fond de vallée avant de se retrouver dans la première escarcelle venue ?Une laisse pour mes propos ? Je me vois d’ici, à défaut de le pouvoir faire d’un autre lieu à trop de lieues, laisse en main, trop courte. Une cage qui ne retiendrait que les mots crochus de propos avares ? Des fers aux pieds des vers d’où ne pourraient glisser que les I, à condition toutefois qu’ils soient droits comme des bâtons, lisses, sans jambage ni fioritures ? Les poser dans un calepin vite refermé ?Peine perdue. Les propos, ça filtre. Surtout les intimes, les secrets, les molletonnés duveteux, les acerbes épineux, les durs, les tendres mous gélatineux, les affûtés futés qui savent où piquer, les iconoclastes, plus tous les autres.Alors les chuchoter lentement dans le vent, les laisser se laisser porter de bouche à oreille, de la rue au trottoir, d’une rencontre à une rupture, puis d’un oreiller à un autre pour qu’ils me reviennent.Dans quel état ? C’est une autre histoire.  

.

Des écrits pour sourire, stresser, pleurer, réfléchir, rire, s’affliger, râler…
Critiquer, ricaner, se gausser…
Détester, se gratter la tête, se demander pourquoi…
Se reconnaître et aimer ou pas… 

Ce que Pierre CJ Vaissière écrira peut-être
Ecrits pas regardants
Ce que Pierre CJ Vaissière aurait pu écrire
Le brulôt péteur

 

 

Publié dans | Pas de Commentaires »

 

célia dojan |
marietheresedarcquetassin |
Le blog de Lyllie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | meslectures14
| je m'en vais vers l'arbre v...
| Ecrits d'OBI