Château de sable

Posté par Pierre Vaissiere le 9 septembre 2012

En bord de mer l’océan, du vent, pas toujours, souvent
que concoctent les arbres, pins et chêne,
ceux dont on fait les bouchons pour ne pas entendre
les sottises que raconte le vent
ceux dont on tire les six, sept ou huit planches
ça dépend des moyens
qui ne serviront pas si on est en haute mer

Grève. Où, fatigué, on pourrait se reposer
s’il n’y avait pas le mugissement des veaux
pas ceux sous la mère qui n’a plus de lait
monte le son, chérie
ni le cri des rampants, sales gosses qui se chamaillent
pour un château de sable sans princesse
ni douves pour y noyer le cafard
et celui des grouillants, sales mômes
qui chialent pour un oui pour un non
comme si c’était si important de n’avoir plus
ni père ni mère ni chien, sale bête.

L’océan. Où noyer le chagrin des petits mousses
qui se font rouler nique et bernique
dans les lames coupantes, avec le givre, c’est terrible
dans la farine
grumeau de chair tendre
le tonneau c’est jamais fini, à cause
de la grande fringale des brigands
La révolte, moussaillon, ça existe

La mer qui n’est plus l’océan
lorsqu’elle se fait station balnéaire banale
c’est le four en été avec les marcels qui montrent
à quel point le soleil a dardé la peau des veaux
et des grosses truies de plus en plus roses
les jeux de ballons, le seau, la pelle, encore un château
fort, celui-ci, pour qu’aucune lame ne le vienne abattre
à coups des assauts redoublés
de chevaliers démis de leur fonction
surveiller la princesse, c’était pas si compliqué
crois-y petit croisé sans bateau
qui rêve à de lointaines croisières
là-bas, c’est comme ça qu’il l’appelle
ce pays outremer où il n’ira jamais

 

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La grande pierre des géants

Posté par Pierre Vaissiere le 28 août 2012

Quand je serai grand
j’aurai compris
qu’une fois devenu grand
je comprendrai

Alors je m’assiérai sur la grande pierre
des géants
celle de granit
celle du chemin qui mène à la grève

Je regarderai les mouettes
qui se moquent du vent

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Distante

Posté par Pierre Vaissiere le 28 août 2012

Elle était belle, elle était jeune
Elle était douce et présente
avec ce quelque chose qui fait la distance
Elle était blanche
Elle était froide.

Je l’ai prise dans les bras,
l’ai bercée longuement
sans jamais parvenir à la réveiller.

Je me suis allongé,
ai clos mes paupières

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A l’aube de ses cent ans

Posté par Pierre Vaissiere le 28 août 2012

A l’aube de ses cent ans
et des rides qui vont avec
elle riait comme quand elle avait cinq ans,
souriait comme à ses quinze ans,
quand on se moque, ce que disent les rires.

A l’aube de ses cent ans
et des deuils qui vont avec
elle pleurait comme quand elle avait cinq ans
parce que son nounours avait décidé
de vivre sa vie
sans elle,
perdu dans une de ces poubelles
que le temps vide chaque jour
dans la décharge des amours mortes

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24 heures chrono

Posté par Pierre Vaissiere le 21 juin 2012

La première heure pour remonter l’horloge
La seconde pour mettre à l’heure les minutes
La troisième pour minuter les secondes
La quatrième pour, en rêve, penser à la cinquième
Où on attendra la sixième
La septième heure pour égorger le coq
La huitième pour boire son sang
La neuvième pour abreuver les bêtes
La dixième pour saluer l’idiot du village
La onzième pour le voir rejoindre son errance
La douzième pour trahir
La treizième pour enterrer les morts
La quatorzième à confesse, face au curé qui desespère
La quinzième pour aller au diable
La seizième pour ériger une statue
La dix-septième pour rêver aux étoiles
La dix-huitième pour décrocher la Lune
Prendre son élan pour la dix-neuvième
Se faire juger à la vingtième
Brûler à la vingt et unième
Perdre la raison à la vingt-deuxième
S’effacer à la vingt-troisième heure
À la dernière, la toute dernière, remonter le temps avant de, une nouvelle fois, rater le train.

 

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Mélodie

Posté par Pierre Vaissiere le 4 avril 2012

Avec son air d’airain, son air de rien
son air de pas y toucher
son air ottomane
qu’elle trimballe à tout va à tout vent
çui qui chaparde les chapeaux
pépères ou mémères
qui la fait s’envoler en l’air, c’te blague
ma toquée, ma diablesse sous ses airs de chérubine
aux éthers se shoote, ballon noir, ballon rouge
que j’te tiens la ficelle, d’entre les doigts me glisse
ciao la bella
mon étheromane

Avec ses yeux de satan
qu’on dirait du chat
ses cils pubiens qu’ont rien du chiendent
crissent pas touche à hue et à dia
ma sainte nitouche n’en pense pas moins
qui me susurre, serpent, tais-toi viens à moi
croquer ma pomme
érotomane

À ses ailes épinglées m’accroche
tête haute dans les sphères de feutre
glace en fusion
coule en gammes anachromiques
piaillent à l’azur les bêtes ailées
gemme, elle scintille
mélomaniaque

Je la dis mélodie

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Son empreinte dissout l’absence

Posté par Pierre Vaissiere le 20 mars 2012

Lui murmurer, dire,
chanter tout doux d’abord,
puis fort,
Non que son coeur ne sache entendre,
mais pour que le vent témoigne.

Il pense aux soleils.
Ces poussières de lumière que sa présence
pose ici et là,  partout.
Qu’elle soit là, d’ailleurs, ou ailleurs.

Sa pensée d’elle irise les grisailles,
réchauffe la demeure,
ouvre une fenêtre puis une autre,
une porte.

Son empreinte dissout l’absence
qui s’enfuit
tandis qu’elle va, s’en allant.

La voilà, présente,
cadeau que la vie lui offre.
Il la reconnaît.

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La lueur des étoiles

Posté par Pierre Vaissiere le 16 mars 2012

Je fouille les poubelles de mon inconscient

Elle fait les poubelles de mon immeuble

Je ramène chez mon psy ce quye j’y ai trouvé

Elle ramène à ses enfants de quoi ne pas mourir de faim

Je le paie pour m’entendre dire que je suis malheureux

elle se tait, les regarde manger

 

Je geins,me plains

Elle gémit, se tait

 

 

J’invite ma chérie dans un restau

pas si cher que ça

elle invite ses enfants à se satisfaire de ça

je rote, je pète, je défèque

ils rêvent à ce qu’ils mangeront demain, peut-être

 

Je compatis, je prie, j’espère pour eux que…

Ils savent, ils regardent tomber la nuit

s’imaginant que les lueurs sont celles des étoiles

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Lorsque la Terre s’est arrêtée de tourner

Posté par Pierre Vaissiere le 13 mars 2012

Il a marché, marché, marché, encore marché.
Lorsqu’il s’est arrêté de marcher
La Terre s’est arrêtée de tourner.

Il a rêvé, rêvé, longuement rêvé.
Lorsqu’il s’est réveillé
C’était le silence du vide,
Celui du rien,
Celui de la solitude,
Celui de la plénitude.

Il a souri.

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Rien que l’errance des jours

Posté par Pierre Vaissiere le 18 février 2012

Rien qu’un peu de vent
Rien qu’un peu de neige
Rien que beaucoup de rien
Tout ce qu’il faut pour n’être rien
Aux yeux des gens qui passent

Rien qu’un peu d’indifférence
Rien d’autre qu’un pauvre sou jeté
Rien qu’un peu de gêne
Rien qu’un peu de honte
Rien que…
Il est temps de rentrer,
les enfants vont prendre froid

Rien qu’une télé qui gueule
qu’un SDF est mort de froid
Que le gas-oil va augmenter
Rien que…
Qu’est-ce qu’il y a ce soir à la télé ?
Rien que…
On passe à table les enfants

Rien que la vie qui coule
douce ici, moins là-bas
Là-bas où, parce que rien ne la retient
la vie s’écoule en flaques de sang ou de vomis

Rien que l’errance des jours

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