Mon prochain bouquet pour la saint Valentin

Posté par Pierre Vaissiere le 2 juin 2015

Des chardons bleus pour les mirettes
des coquelicots pour les lèvres
du muguet pour les quenottes
du mimosa pour les oreilles
un iris pour les narines
des lis pour le torrent de ses cheveux bouclés

un bambou pour le cou
d’un poirier ses fruits pour les seins
des digitales pour les menottes
un anthurium pour sa vulve rondelette
un arum pour son mignon rectum
à moins d’un crocus pour son joli anus
si vous préférez

des passiflores pour l’apaiser
une azalée pour ses larmes sucrées
des pavots pour qu’elle s’envole
un gerbera pour ses nausées
des narcisses pour quand elle se fait belle
des pétunias pour pétuler
un aster pour lui porter chance
des boutons d’or pour son acné
des genêts pour la vieillesse
un camélia pour le spleen
des chrysanthèmes pour ses voyages
un cyclamen pour ses prières
un tournesol pour nous faire tourner la tête
(vous ferez une note à part)

des gentianes pour l’apéritif
sans oublier les cacahuètes qui lui font faire des pirouettes
(c’est pas des fleurs, ça vous embête ?)
un aloès pour son piquant
à Pâques, frémissant, du buis sur le poêle
(nous disposons d’un tel appareil de chauffage)
des anémones pour ses bains de mer
des sentes bordées d’agapanthes
des crocus féroces pour la protéger
des églantines insoumises et révolutionnaires
un nénuphar pour la guider les jours de nuit noire

C’est tout
C’est tout ce qu’il me faut pour ce bouquet, madame la fleuriste.
Soyez gentille de me le préparer pour la prochaine saint Valentin. Une année passée, me reverrez.
Merci madame,au revoir.

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L’esquisse du rêve

Posté par Pierre Vaissiere le 1 décembre 2014

Il l’a cherchée partout
au royaume du vent
celui du nord
celui de l’est
du sud puis celui de l’ouest
celui fou qui tourne en rond
Il ne l’a pas trouvée

 

Y était-elle ou pas
à danser feuille morte
crisse givre
doigts de glace
sur la vitre lumière
un dessin de soleil
pâle encore
c’est demain au ponant
qu’aurait fleuri le feu

 

Ses yeux couleur de jonc
deux étoiles perdues
aux glaces des confins
lui parlent de l’oubli
Tu sais
je ne suis plus
que l’esquisse du rêve
que nous fîmes parlant
de ce qui est d’aimer

 

Ne la trouvera plus
ne la trouvera pas
le souffle a déchiré
de la Lune les ambres
les voiles en lambeaux
sont en panne les nefs
trop courte chaîne l’ancre
aux abîmes cosmiques
le livre démuni

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Fête des morts

Posté par Pierre Vaissiere le 9 novembre 2014

La fête des morts est derrière nous.

Brouillards, pluies et vent, l’automne est venu.

Les pots de fleurs ont chaviré sous les rafales.

Chrysanthèmes, dahlias, cyclamens et roses

ont perdu de leur superbe,

ils ne sont désormais plus l’affront qu’ils étaient.

J’ai pris une brassée de feuilles mortes,

en ai bordé l’épaisse dalle de béton.

L’ennui de ce lieu de solitude m’a submergé.

J’ai laissé deux larmes couler,

les ai recueillies dans un minuscule flacon de verre

que j’ai précieusement fermé.

Il rejoindra les autres,

à côté du portrait de celle qui,

à l’occasion,

se rappelle à moi.

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Arbre

Posté par Pierre Vaissiere le 2 novembre 2014

J’ai été déposé graine.
Avec juste ce qu’il faut d’aide de la vie pour m’assurer un devenir, fut-il fugace.
En terre ou entre les pierres, j’ai poussé mes racines, comme j’ai pu le faire, adroit ou maladroit.
J’ai puisé ce que j’ai pu puiser, sans épuiser le sol qui me nourrit.
J’ai vu grandir ma tige, l’ai vue devenir tronc.
J’ai vu grandir mon tronc, l’ai vu croître pour produire les ramures.
J’ai vu bourgeonner les ramures, les voir engendrer feuilles et fruits.
J’ai offert aux oiseaux de quoi se poser ou nidifier, j’ai protégé le nomade en errance.
J’ai goûté aux émois de deux gamins et leur ai joué un de mes tours avec un allié orageux.
J’ai vu leurs premiers ébats amoureux et m’en suis réjoui.
Parce que j’ai vécu, j’ai connu les outrages du temps, mais aussi ses bienfaits.
D’arbre, je suis devenu bois. Celui dont on fait tant de choses,
je ne les nommerai pas.
Au final, on m’a incinéré, ce qui m’a permis, une dernière fois, de réchauffer cœurs et vieux os.
De là-haut où je ne suis pas (ce sont les croyances des arbres de ma condition),
je ne vois pas ma nombreuse descendance, mais je la sais vivante et porteuse de vie.

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Colchiques

Posté par Pierre Vaissiere le 11 avril 2013

Sales gosses, j’t’en foutrais,
un avion, passe encore, mais une fusée
pour aller où ? j’vous l’demande
dans la Lune, m’sieurs dames, dans la lune
et pourquoi pas dans l’Soleil, pourquoi pas ?
Sales gosses, j’te jure,
m‘ont froissée, coupée, déchirée
perforée, confettis, mille morceaux,
y’en a partout, même ailleurs
dans l’automne des violons
dans les larmes des sanglots
des langueurs monotones
des colchiques en nuées
des nuages qui s’étirent là bas,
là bas plus bas que la terre
que la terre et le ciel
le ciel mauve de la mer
la mer verte de l’aube
l’aube verte de peur
peur du vide, sans barreaux
page blanche
Que dur est d’être feuille

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D’autres saluts nous sauveront

Posté par Pierre Vaissiere le 8 janvier 2013

Gare du Jour neuf et de l’An nouveau
l’accueil s’offre et se cueille.
Je souris, tu me souris,
les vitres du train s’évaporent.
Nos bras se tendent pour,
à grandes brassées,
glaner ces bonheurs épanis,
fétus d’humbles joies.
Par les yeux s’épanchent les coeurs
tandis que s’ébranlent les trains
qui plus jamais, ici, ne se recroiseront.
A nouveau les voies sont libres
d’autres saluts nous sauveront.

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Par l’humus refleurissons

Posté par Pierre Vaissiere le 12 décembre 2012

Par oubli nous paraissons
par la peur nous nous tassons
par la crainte nous nous taisons
par solitude nous errons

Par le jeu nous inventons
par les lois nous nous courbons
par desespoir nous nous pendons
par faiblesse nous dominons
par la ruse nous abusons

Par ignorance nous lapidons
par envie nous guerroyons
par surprise nous vainquons
par misère nous dépeçons
par avanie nous perdons

Par lassitude nous partons
par rancoeur nous désaimons
par orgueil nous jugeons
par traîtrise nous gagnons
par erreur nous apprenons

Par perte nous grandissons
par le besoin nous faisons
par tourment nous défaisons
par gravité nous tombons
par bêtise nous sanglotons

Par nature nous divaguons
par la foi nous rêvassons
par le rêve nous nous perdons
par le joug nous succombons
par les armes nous passons

Par le feu nous calcinons
par le bois nous nous brisons
par les eaux nous naufrageons
par la terre nous émiettons
par le vent nous dispersons

Par les larmes disparaissons
par les vers empuentons
par l’humus refleurissons

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Sapin de Noël

Posté par Pierre Vaissiere le 30 novembre 2012

Trois p’tites loupiotes dans le sapin
des bougies de Noël
v’là l’sapin qu’a pris feu
les pompiers qu’ont pas v’nus
les cadeaux en fumée
l’bolduc ratatiné

Qu’est-ce qu’on a rigolé
pour une fois qu’il f’sait chaud
dans la crèche enflammée
qu’a brûlé l’nouveau né
le boyon le baudet
les anges emplastifiés

Ça a pris aux rideaux
ça a pris aux sabots
ça a pris aux Lego
et bouzillé l’gateau
on a fait des photos
argentiques c’est plus chic

On a trinqué à l’eau
et chanté comme des veaux
Petit papa Noël
ne descends plus du ciel
tes jouets made in China
ni tes bougies automatiques
ni tes sapins en plastique

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Nombres

Posté par Pierre Vaissiere le 30 octobre 2012

1, le point, point à la ligne
2, la ligne, courbe aux confins d’un infini qui s’évade
3, l’aire de rien, suspendue
4, la forme
5, avec le temps qui la déforme
6, 7, 8, 9, qu’en saurais-je ?
0, jamais

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C’est de cela que s’est teint notre regard

Posté par Pierre Vaissiere le 29 septembre 2012

De bruine, de nuées
de temps qui prend tout son temps
pour nous balader,
nous embobine
De lueurs, de rais qui  labourent les rétines
de fraîche douceur d’après l’orage
d’après le foehn
De cimes écarlates
de soleil qui se languit
de son coucher
loin, là-bas, outre-mer
Du bruit des roues sur l’asphalte
des minutes qui font écran
et séparent des embrassades
du péage, tout se paie
même s’il ne s’agit que d’aimer
De roches éclaboussées
la lumière est divine
des dieux qui se réjouissent
de leur magistral coup de patte
quels artistes
C’est de cela que s’est teint notre regard

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