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Une balle assassine

Posté par Pierre Vaissiere le 22 novembre 2015

Au froid dans ma robe de métal froid
acier et laiton rutilants
parfait design
mouvement

J’entre dans la chambre
j’attends
L’impatience me gagne
quand verrai-je le jour ?

C’est le tunnel
la lueur au bout
m’appelle
Assourdie je jaillis

Déchirure de l’air
qui s’écarte
Je ne quitte pas des yeux la ligne de mire
la suivre
l’épouser
tenir
fendre l’éther
jusqu’à la cible
y pénétrer
en force
m’y écraser
sacrifice

éclatement fournaise
violence
bris de vitres
irruption
la coquille craque
le crâne explose
tant pis
continuer
éruption

de l’autre côté du tunnel
le ciel, la terre, les eaux ont rougi
c’est le feu

Au chaud dans ma robe de soie incarnat
lave et nectar me baignent
Viennent les ombres

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Rien qu’un souffle de rien

Posté par Pierre Vaissiere le 2 novembre 2015

C’était quoi son nom, c’était quoi son prénom
c’était quoi son âge
c’était quoi ses nuages, c’était quoi ses orages
c’était quoi ses peut-êtr’ c’était quoi ses demains
oubliée la mémoir’ perdus les souvenirs
c’était où tu t’rappelles ?

J’en sais rien, d’mandes au chien
au facteur à Firmin
l’bistroquet du quartier
çui qu’a cloué la Lun’ sur sa porte d’entrée
qui vendait pour trois sous de d’sous son zinc en rade
du gros rouge aux rouquins
du p’tit blanc qui rend saoul
d’ la bibin’ d’occasion à faire pleurer les anges

ses yeux bleu délavé trop d’lessive à la cendre
trop de sel aux racines et de sables mouvants
c’était quoi ses alarmes

c’était quoi ses tourments c’était quoi ses mirages
c’était quoi son âme
c’était quoi son visage et ses lèvres scellées
la cire du secret au soleil ne fond pas
c’était quoi l’heur’ de plomb c’était quoi le tocsin
mains jointes en prière
c’était quoi

Si ça se trouv’ c’était rien
rien qu’un souffle de rien
rien qu’un rêve de rien
aile de coqu’licot pétal’ de papillon
d’un miroir la buée souffle d’un disparu
fragile si fragile

la lame je l’ai vue plus fourbe que le temps
plus courbe que l’espac’ plus vive que l’instant
je suis la vérité a-t-elle dit en sifflant
chuiiiiiiiit

 

 

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