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L’âge de la fin des tresses

Posté par Pierre Vaissiere le 20 juillet 2011

Je lève mon bras avec le cœur de la joie de livrer la rosée
aux lèvres des femmes du peuple de la Terre
Je lève la main avec le vent des arbres qui se soulèvent
sous la caresse des âmes des oiseaux
Je rends le fort et le faible à la source des origines
et les enflamme avec l’esprit des tipis de feu

Je lève le pied du sol afin qu’il ne soit pas blessé de mes marches de guerre
Je lave les pleurs et les cris de ceux qui sont à l’agonie
et au chevet des esprits de la peine

Je lève l’oeil droit au premier espoir du rayon de Lune
Je lève l’oeil gauche au premier espoir du rayon de Soleil
et j’ouvre les deux yeux pour unir la Lune et le Soleil

J’ouvre la bouche pour boire les gouttes de pluie
lorsque l’arbre n’est pas là pour nous protéger des pleurs
Je range le feu et l’arc pour aller me baigner avec les enfants
dans le lac des forces retrouvées

Je ne fume que pour la beauté des cercles de fumée
qui vont en reconnaissance de la vie
donner des boucles d’argent au cou de nos ancêtres

Je lève le jour et je lève la nuit pour me lancer
à la poursuite des esprits des aigles
et leur trace la voie avec la flèche de l’arc
et la volonté de l’oeil

Je dis
nous sommes les erreurs du monde
et nous sommes les tenants de l’enfer
car nous n’écoutons pas le chant des grillons
ni le sang de la roche du volcan
qui s’enflamme de rester prisonnière de la terre
et qui sitôt libérée devient dure froide et grise

Je redonne aux espoirs la place qu’ils ont perdu
en ne croyant plus aux esprits du rôdeur des airs

Je lève la main pour – Olé – saluer le saint des saints d’Élée
je lève l’âme de mon corps
et la pousse avec le souffle du vent
dans les rayons de soleil afin qu’elle soit tenue au chaud

Je rôde dans les plaines afin d’éviter
que les rues des villes ne m’entraînent

Je signe de mon sang les lettres de mon agonie
car je suis le dernier à vivre pour la terre
et comme celle-ci va mourir
peut-être je mourrai avec elle
car les êtres aimés doivent disparaître ensemble

Je ne reviendrai plus car le rôle de faire jaillir le sang
et celui de briser la glace des rocs
est un rôle qui ne me convient pas.
Aussi le grand Élée ne fera plus de moi la rognurede la fin des êtres de liberté
car celle-ci est finie
avec le rêve des grandes prairies éternelles

Je reçois dans mon coeur les mots de vie et de peine e mes frères
et n’ai plus le courage de vieillir à la nuit des armes e l’espérance
Aussi je vais prendre mon cheval et mon ordre de liberté
pour partir dans les grandes prairies
Je laisse aux plus jeunes le soin de se retrouver enfin
pour conquérir leur âme
avant de conquérir l’espace de leur corps
si chétif d’être enfermé dans les limites
des villes et des frontières
Je leur demande de faire brûler les argents des villes
pour que les dieux de la règle d’Elée
soient ainsi heureux de voir
qu’ils se rebellent à nouveau dans la fraternité

Je ne suis pas triste, je suis loin déjà
et le ciel en bas se découvre et se clairsème des fleurs
de mes larmes car je vous laisse assez loin
pour en avoir du chagrin
Mais je suis trop vieux et m’en vais pour le faire oublier
cependant que l’âme de mon corps et l’esprit de mon corps
iront dire partout combien j’ai aimé la Terre
qui m’a si bien nourri de ses fruits

Mais l’âge de la fin des tresses
des heureuses épousailles
et des enfants qui grandissent
est fini pour moi
car le vieux cheval est usé

 

Publié dans Histoires d'humains | 1 Commentaire »

 

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