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C’est ainsi que grandissent les arbres

Posté par Pierre Vaissiere le 10 janvier 2011

Chac avait pris un peu de recul pour contempler l’arbre qu’il venait de planter. Il s’était mis à chantonner un vieux truc qui disait  » pour faire un arbre, mon dieu que c’est long… », et, satisfait du bon travail qu’il avait fait s’en était retourné chez lui, quelque part entre printemps et été.

Ah Puch avait bondi de sa cachette, un bosquet de noisetier qu’il avait eu la bonne idée de ne pas arracher, comme il s’était promis de le faire. Ce n’était que partie remise. Il fit le vent, il fit la pluie, il fit le soleil qui brûle puis le gèle à pierre fendre, et il fit enfin la tempête, ce qui le calma quelque peu. Avec ce qui était peut-être du cynisme, il s’était mis à chanter un vieil air qui reprenait sans cesse « Vent frais, vent du matin, soulevant le sommet des grands pins…» Avant de repartir chez lui, quelque part entre automne et hiver, il avait donné plusieurs grands coups de boutoir dans le bosquet de noisetier.

« V’là l’bon vent, v’là l’joli vent, v’là l’bon vent m’amie m’appelle…» C’est bien connu, les arbres ont toujours attiré les amoureux. À peine arrivé près de l’arbre, Yum Kax avait déposé du limon à son pied, qu’il avait arrosé en pleurant comme une Madeleine. On est sensible ou pas. Il avait taillé les branchettes brisées, fait une attelle à une grosse branche, puis avait pansé le tronc mal en point.
Sa belle ayant rejoint Yum Kax, ils avaient fait ce que font les amoureux. Ce qui avait eu pour effet d’émoustiller l’arbre à un tel point qu’il s’en était trouvé ragaillardi.

Plus tard, Chac était revenu. Ah Puch de même. Yum Kax aussi. Puis encore Chac… Et parce que c’est ainsi que grandissent les arbres, l’arbre s’était laissé grandir ainsi.

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Voie du milieu

Posté par Pierre Vaissiere le 10 janvier 2011

Chacun fixait le ciel. La clarté et le soleil, comme à chaque aube nouvelle, étaient là. Mais étaient là aussi la nuit et sa lune. à croire qu’un pacte de non agression avait été signé entre les deux parties. Les anciens n’avaient-ils pas affirmé que le jour et la nuit s’étant toujours entre-dévorés, il n’yavait aucune raison pour qu’il n’en soit pas toujours ainsi ?Le conseil tint séance. Au bout d’un sacré bout de temps qu’on ne pouvait compter en jours, ceux-ci n’existant plus, et aucune explication n’ayant germé dans chacun des soixante dix-huit crânes qui brillaient au soleil ou luisaient sous la lune, le conseil, dans son immense sagesse, démissionna tout d’un bloc. C’est à compter de cet instant qu’il n’y eut plus ni puissant ni faible, ni sot ni tête bien remplie, ni pleutre ni valeureux, ni noir ni blanc…

La vie continua, entre chien et loup comme entre hommes et femmes, mais de la prédominance de l’un sur l’autre il ne fut plus question.

On venait d’entrer dans pao kao shao téï (qui s’écrit sans majuscules), ce qui signifie à peu de choses près : l’ “ère de la voie du milieu”.

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