Illusions

Posté par Pierre Vaissiere le 31 août 2010

Jeunes filles d’avant qu’êtes-vous devenues
tandis que
vieillissaient vos pères et vos mères ?
Lesquelles d’entre-vous sont mortes en prières
d’attendre grand amour en chambre offertes nues ?

Jeunes filles d’hier qu’en sont-ils advenus
de vos princes charmants moins qu’autant que charmeurs
lors combien d’entre-vous aux années de douleurs
lourd tribut ont payé croyant bonheur venu
du plus doux mot d’amour, de promesse éternelle
hors de ceux-là ne fut que triste ritournelle

Et fille de jadis quelle promesse encor
vous fit-on alentour et à quel beau parti
futes-vous donc promise ? Hélas il est parti
glaner d’autres amours conquérir d’autres corps

Vous fille d’autrefois quel poète en son chant
aux larmes vous émut et en l’espoir vous mit
de vivre en gai logis recevoir vos amis
pour lendemain de noces à retourner le champ ?

Dans le temps jeune fille il vous nomma promise
un p’tit tour deux p’tits tours du monde il fit le tour
s’en revint en pays voit défaits vos atours
cependant qu’aviez mis votre vie en remise

Jeunes filles d’antan où sont enfouis vos rêves
dans vos malles d’osier vos poupées de chiffons
les guignols vous ont eues avec leur fon fon fon
tant pis vous dites vous tant pis pourvu qu’ils crèvent

 

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De l’amour enfanter

Posté par Pierre Vaissiere le 31 août 2010

Mais, sage ne sois jamais plus
qu’avant heurt de Dame Camarde
Aie lors d’autres envies de vie
Parmi celles celle de vit

Il n’est plus fidèle chandelle
qui te rattache aux vives joies
des corps de cet ici-bas monde
que lui qui te rattache en chair

De cette flamme passagère
retiens d’elle corps et lueurs
hors ceux n’est qu’heure de misère
pour comptines d’infantes noces

En ces temps d’enchères d’idées
plus caduques qu’eunuques morts
crois bien-sûr pour qu’esprit ne meure
qu’il lui faut tendre et gaie demeure

De créer mots nul ne nourrit
soi-même ou compagnons de route
eux ne peuvent raison trouver
qu’à planter vit dans la toison

A recevoir tendre semence
d’amour qu’importe la couleur
l’amour se partage et se vit
pour l’amour enfanter enfin

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Les fanaisons

Posté par Pierre Vaissiere le 31 août 2010

A l’horreur
des
Fanaisons
les masques tombaient des branches
au pays d’Agonie.

Seule une aire
arachnéenne
les retenait encore.

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Délivrance

Posté par Pierre Vaissiere le 31 août 2010

Mes jardins se sont faits griller
aux vents acérés de l’été
le regard des bêtes a fané
les fleurs que je leur offrais

Ne leur donnerai plus qu’épines
qui comme envol de flêches vives
iront percer cette horreur glauque
de leurs yeux torves et stupides

n’aurai pas à m’en vouloir
aveugles ne le seront pas plus
mais qu’au moins l’offense qu’ils sont
soit lavée au sang de l’été

mon envie est de leur ôter
cet objet qu’ils ne savent user
comme à un enfant enlever
le tambour qu’il ne sait jouer

ces saisons m’amie n’en seront
bientôt plus que de souvenance
il est temps qu’à temps nous soyions
en nos étés de délivrances

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Cathares

Posté par Pierre Vaissiere le 31 août 2010

C’est un vague à l’âme à noyer jusqu’aux silences
des nuits de défaites, alors que dansent les dernières fumées des flammes étouffées par l’horreur.
Les gisants sont là, sans presque plus de corps que la seule braise qui ronge encore leurs yeux. Chuintement d’avant la sécheresse des globes oculaires, comme l’éclaboussure de l’eau bouillonnante lorsque le forgeron y trempe le fer.
D’autres rapaces sont venus qui tournoient puis plongent leurs ailes dans les mares de sang, miroirs à gaver la terre jusqu’à plus soif.
La racaille se chamaille les derniers outrages, d’une pique perçant un ventre, motte de chair qui roula du brasier, arrachant un coeur pour le jeter au feu après l’avoir piétiné. Les charognards sont à la fête, ne laissant rien en cela à ceux venus du nord assassiner les gens d’ici, venus ici arracher d’oc la langue.
Ce ne sont çà et là que pauvres bêtes qui exhalent leur ultime souffle et l’unissent aux nues pour quitter cette terre de folie et de feu. Ils n’ont cure alors de la souillure qui les baigne. Nous sommes là cachès, nous les déjà veufs d’une patrie moribonde, les ongles plantés en chair de nos lèvres, pour taire les cris qui nous assaillent. Et cette douleur et ce goût salé dans nos bouches appaisent nos coeurs fendus brisés de tant de barbarie.

Ils étaient montés aux aurores, perçant les brumes du pog, ne s’arrêtant que pour hurler leurs chants de fiel et entendre les cris de ceux qui nous avaient trahis :
- Là, là, par ici. C’est par ici.
Sans eux ces misérables à force de misère vivre, les assaillants n’auraient jamais trouvé le passage. Et les voila qui surgissaient  rugissant de haine, leurs cris de fauves se mêlant aux nôtres d’avanie et aux pleurs de ce qui allait arriver.

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Septentrion

Posté par Pierre Vaissiere le 31 août 2010

Quelqu’un  avait dit il est grand temps de partir !

Nous avions emprunté un large chemin entre érables et bouleaux. Les branches mortes nous disaient notre avancée et nos souffles taisaient les mots de la séparation d’hier encore prégnante.

Nous avions pour seul poids d’entrave celui de nos coeurs lourds. Lorsqu’on s’en va, on sait que rien de ce qu’on emporte ne servira jamais : les très très longs voyages se passent de bagages.

La forêt s’était éclaircie. Aux aurores, nous pouvions sentir l’air s’émouvoir, à l’approche des premiers rais de lumière lorsqu’ils irisent les nappes de brume.
Les lichens d’argent indiquaient le chemin, comme au-tant de phares que nous laissions derrière nous. Les étendues boréales nous attendaient.

Jusqu’aux midis, les asters de froidure craquaient sous nos pas qui délivraient de l’emprise du gel l’amical tapis de mousse. Il nous donnait des ailes, adoucissait les coups de boutoir que chaque enjambée nous assénait.

Les bruyères avaient disparu derrière nous. On n’enten-dait plus que le vent, chargé de couperets de glaces, qui hachait les derniers cris de bêtes.

Les territoires étaient là. Sept tumulus en montraient les  limites de grande ouverture.
Quatre d’entre eux étaient disposés en croix, selon les points cardinaux. Ils disaient que l’errance était finie.  Plus jamais nous n’aurions à revenir sur nos pas car nous avions atteint le but.
Deux autres, de forme conique étaient à la croisée, pour nous dire que nous avions trouvé notre centre. Ils étaient base contre base, l’un planté en Terre par la pointe, l’autre le sommet dirigé vers le Ciel. Celui planté en Terre nous disait que nous venions de la Terre ; celui dressé au Ciel nous disait que nous venions du Ciel.

Le septième était plus petit, plus bas, à notre portée. C’est le seul que nous pouvions gravir sans avoir à en faire l’ascension : nous venions de la faire ces  temps-ci.

Vint alors le dernier jour et sa nuit que nous avions laissée nous rejoindre.
Nous étions assis, tous les Sept, en cercle, sur le dernier monticule  qui servirait de  mound à nos chairs inutiles.

Le silence même s’était tu. Les nuits du Septentrion sont belles.

Nous sommes les cavaliers des Sept Boeufs de Labour.

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Promenade

Posté par Pierre Vaissiere le 31 août 2010

Courbe fermée afin de croire
qu’un jour on revient à son point de départ
Tu as oublié les heures
qui passent
et défont la trace
de ce chemin de rocailles

Au loin les plages se font oiseaux
sous le soleil de zèbrures marines
elles s’élèvent les plages
et tes pas ne peuvent t’y porter
qu’en leur argile brisé

Mets ta chair en poussières
pour finir le voyage
et cesse de t’accrocher aux nacres
des coquillage

A la veille du jour de la forge éteinte
ils sont là toujours là
échoués

Alors pars de ton ventre
oublie jusqu’aux espaces intérieurs
et à l’idée même de l’homme
qui n’est jamais qu’une idée
Laisse aller
éparses
les bribes de photons
afin qu’aucune force n’entrave
leur mouvance éthérique

Au retour
ramène en toi ces centres dispersés
sans chercher à les ordonner

Laisse les vivre leur vie qui est partie de toi
et abandonne ta vie à elle-même
Car
elle est partie d’eux et part de l’univers

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Voyage

Posté par Pierre Vaissiere le 31 août 2010

A l’aube en direction de l’Est
du regard fais lever le Soleil
fais fondre les dernières traces de la nuit

A l’heure matine
aux louanges des frères de prière
dresse l’oreille aux paroles de miel
d’Elée

Comme pour nourrir les oiseaux
Ouvre la paume de la main gauche
tends au zénith à naître le doigt de connaissance
écoute la vie d’en haut palpiter au creux des monts de merveille

Lance ton souffle d’homme en diagonale de vie
et laisse-toi gagner par ce que tu vois
car ce que tu vois EST

L’aigle de force brume
aux serres de fibres d’or
t’attend en cet instant

C’est l’instant du départ c’est l’instant de l’éveil
ses ailes te dessinent la tendre offrande de l’enfant
qui quitte le logis, grandit

Sous la brise les feuillages s’ébrouent
La journée sera belle                  

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Le phare

Posté par Pierre Vaissiere le 31 août 2010

Angles sextant des mains goniométriques
pour situer l’axe gordien
d’où vint Le Désastre

D’ici tu contemples
le temps qui te sépare de cet espace sphérique
d’où partirent nos vaisseaux
d’orpal et d’orfeu
d’avant le cycle des jours qui passent

Nous venons de là-bas

Depuis les cris se sont tus
et le murmure des alizées solaires
nous a mené ici
en cette Sinoe
aire d’arrivée de ce détour

Depuis à chaque Sholol nous érigeons nos tholos
des himalayas aux plaines syriaques
de Chaldée à la vallée du Nil
de Santorin à Mezopal
de l’Ande à Europe

Là-bas depuis
les sources ont rejailli bénissant les moissons

On engrange
Pour le Retour

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Solea

Posté par Pierre Vaissiere le 31 août 2010

Des masques éphémères l’été ne retiendra
qu’une odeur en exil
La lame vagabonde emporte toute trace
le vent n’existe plus qui chasse les nuages

Aux approches du soir
je ne suis qu’une rive
en attendant la nuit

Mon oeil sable-mer suinte de ses embruns
déjà les vers y vivent
le dévorent et y pondent

Ne serai nourriture
qu’à sauver la vermine
j’aime à aimer aimer
je n’en peux que martyr

de ce monde hors de moi
il n’est plus qu’artifice
fumiste magicien aux mains anamorphiques
tu n’es qu’un dieu de pauvres et je ne le suis pas

L’orgueil est ma demeure la terre ma misère
mon amour-satellite recouvrira les âges
ancêtre de ce temps ma naissance est dé-feinte
mon moi est révolu mon toi-t est désespoir

Je demeure et fais mère
je me meurs éphémère        

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